International

Yémen: la coalition menée par l'Arabie saoudite vise les Houthis

25.07.2026 00h39

Les Houthis revendiquent une frappe en Arabie saoudite

Une maquette de missiles et de drones fabriqués par les Houthis sur une place de Sanaa, au Yémen, le 23 juillet 2026.

Photo: KEYSTONE/EPA/YAHYA ARHAB

Les rebelles houthis du Yémen, alliés de Téhéran, ont ciblé samedi des sites pétroliers dans l'Arabie saoudite voisine en riposte à des frappes de Ryad, marquant une intensification des hostilités sur ce nouveau front de la guerre au Moyen-Orient.

Alors que l'Iran a connu sa première accalmie en deux semaines, les Houthis ont revendiqué des attaques de missiles et de drones sur des sites pétroliers de Saudi Aramco au bord de la mer Rouge - à Jizan, près de la frontière yéméno-saoudienne, et à Yanbu, plus au nord sur la côte.

Une vidéo tournée sur ce deuxième site et vérifiée par l'AFP montre des nuages noirs s'élevant au-dessus de la raffinerie du géant saoudien.

Ryad est pour l'heure resté silencieux, mais la défense civile avait émis une alerte pour les deux villes. Et les forces aériennes grecques, qui opèrent un système de défense pour l'Arabie saoudite, ont annoncé avoir abattu deux missiles et un drone en provenance du Yémen et se dirigeant vers Yanbu.

Après quatre ans de trêve, les hostilités ont repris le 13 juillet entre les Houthis et l'Arabie saoudite, qui avait soutenu militairement à partir de 2015 le gouvernement yéménite contre les rebelles.

C'est le contrôle du ciel du pays qui a réveillé la discorde: l'Iran avait envoyé à Sanaa un avion transportant une délégation rebelle sans solliciter d'autorisation auprès de Ryad, contrairement à l'usage depuis 10 ans, déclenchant des frappes attribuées au royaume sur l'aéroport de Sanaa. En retour, les Houthis ont attaqué le territoire saoudien, pour la première fois depuis 2022.

Dans le même temps, le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, a appelé les belligérants au 'dialogue', estimant qu'il n'existait 'pas de solution militaire' dans ce conflit.

'Coup de tonnerre'

Ces nouveaux affrontements dans la zone stratégique qu'est le passage de la mer Rouge accroissent les incertitudes et alimentent les inquiétudes concernant le transport mondial des hydrocarbures.

D'autant que cette route est devenue vitale pour contourner le verrouillage du détroit d'Ormuz par Téhéran, de l'autre côté de la péninsule arabique.

Cette semaine et pour la première fois depuis mai, les cours du pétrole ont de nouveau franchi la barre des 100 dollars, avant de refluer.

Dans une déclaration vidéo samedi, le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree, a menacé d'une 'escalade' dans 'les prochaines heures et jours' si le Yémen était à nouveau visé.

La veille, l'Arabie saoudite avait bombardé Hodeida, port contrôlé par les rebelles sur la côte ouest du Yémen, blessant deux personnes, selon les médias houthis.

Faiza, une habitante âgée de 36 ans, raconte avoir entendu trois explosions, comme 'un coup de tonnerre'. 'Je ne voulais pas croire que les frappes avaient repris', dit-elle à l'AFP, alors que le conflit au Yémen a fait des centaines de milliers de morts.

La coalition militaire dirigée par l'Arabie saoudite a elle affirmé avoir ciblé des sites militaires houthis en réponse à l'attaque de navires commerciaux, cette semaine en mer Rouge.

Selon les Houthis, le blocus n'a pas vocation à paralyser le détroit stratégique de Bab el-Mandeb, mais à cibler la partie saoudienne.

Pas de frappes

Face à ce nouveau front, Donald Trump a menacé cette semaine Téhéran et ses alliés houthis d'une 'punition militaire majeure'. Mais selon le média Axios, le président américain aurait ordonné de ne pas frapper à nouveau l'Iran vendredi pour laisser plus de champ à la voie diplomatique, alors que le conflit s'enlise.

L'Iran a ainsi connu une première accalmie après deux semaines de bombardements américains sans précédent depuis le cessez-le-feu d'avril, dans cette guerre débutée le 28 février par l'offensive américano-israélienne qui a fait des milliers de morts et ébranlé l'économie mondiale.

Donald Trump a dit 'parler' avec les dirigeants iraniens, tout en n'excluant pas d'infliger à la République islamique 'un niveau bien pire' de frappes. Vendredi, des médias américains évoquaient des discussions sur une possible opération militaire à grande échelle.

Depuis la reprise le 7 juillet des hostilités qui ont fait voler en éclats le protocole d'accord conclu mi-juin, la République islamique riposte en frappant les alliés des Etats-Unis dans la région.

Vendredi, elle a revendiqué des attaques contre des installations militaires utilisées par les forces américaines à Bahreïn, en Jordanie et au Koweït.

/ATS