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Marlen Reusser a vécu des montagnes russes avant les Mondiaux

19.09.2026 04h00

Marlen Reusser a vécu des montagnes russes avant les Mondiaux

Marlen Reusser a confiance en sa forme physique avant les Mondiaux, où elle défendra son titre en contre-la-montre.

Photo: KEYSTONE/CLAUDIO THOMA

Après son revers sur le Tour de France, Marlen Reusser reprend de la vitesse. Pleine d'énergie, la Bernoise se rend aux Mondiaux à Montréal, où trois chances de remporter l'or l'attendent.

'Veuillez monter à bord, faites attention aux portes et abaissez les barrières de sécurité!' Cette annonce ne résonne certes pas dans le terminal de l’aéroport de Zurich, où Marlen Reusser est assise, détendue, dans un petit salon, entourée d’une poignée de journalistes avant d’embarquer dans l’avion à destination de Montréal. Pourtant, cela lui irait bien. Car ceux qui connaissent la Bernoise de 34 ans le savent: la carrière de Reusser ressemble à un tour de montagnes russes.

Son parcours sur la Grande Boucle, dont l'issue a été décevante après des débuts plus que prometteurs, en est le parfait exemple. Lors de la dernière étape, elle s’est d’abord fait distancer par ses concurrentes, puis a chuté et s’est retrouvée assise sur le bitume, les larmes aux yeux - sachant que non seulement la victoire au classement général, dont elle avait rêvé pendant ses trois jours sous le maillot jaune, mais aussi sa place sur le podium étaient perdues.

Le mystère de l'effondrement

Le fait qu’elle se soit ensuite reprise et ait terminé le Tour témoigne de son esprit sportif. Sa 14e place au classement final n’est qu’anecdotique. Ce qui la préoccupait davantage, c’était de savoir pourquoi son corps l’avait laissée tomber, comme cela avait déjà été le cas en mai lors du Giro d’Italia.

Lors de cette ultime étape à Nice, Reusser a dû composer non seulement avec les séquelles d’une saison marquée par les blessures, mais aussi avec un déséquilibre extrême au sein de son organisme. Ses jambes ne parvenaient plus à transmettre la puissance de manière uniforme aux pédales, pour atteindre un rapport déséquilibré de 45 % contre 55 %. Un phénomène qui s’était déjà produit lors du Giro.

'Il n’y a pas de mode d’emploi pour résoudre cela', déclare la médecin de formation. Est-ce dû à la position sur le vélo? A un déséquilibre électrolytique? Ou simplement la conséquence de plusieurs mois de surmenage physique? Reusser s’est rapprochée d’une solution, mais la cause n’est pas encore tout à fait élucidée.

Pas question de prendre sa retraite

L'Emmentaloise est forte d'une capacité à se remettre rapidement sur pied après des moments difficiles. Mais cette fois-ci, elle a eu du mal à surmonter cette épreuve. À la question de savoir si, après tant de revers, elle avait déjà songé à prendre sa retraite, la championne du monde de contre-la-montre réagit avec une légère irritation. 'Bien sûr, je me demande parfois combien de temps je vais encore vouloir continuer.'

Mais elle n’a en réalité jamais envisagé d’arrêter après cet échec. Bien au contraire. 'Ce qui s’est passé est pour moi une raison de ne surtout pas prendre ma retraite', précise la cycliste de 34 ans. Jusqu’à son effondrement, elle roulait au niveau des meilleures, et ce sans préparation continue de plusieurs mois. Reusser en est convaincue: elle est encore loin d’avoir atteint son apogée.

Trois chances de remporter l’or

Après ce premier temps fort de la saison, celle qui défendra son titre dimanche à Montréal a d’abord eu besoin d’une semaine de repos. 'J'ai tellement souvent repoussé mes limites en course, et avant cela à l'entraînement aussi, se souvient Reusser. À cela s'ajoutaient la frustration et la déception. C'étaient des émotions bouleversantes. Après ça, j'étais complètement à plat.'

Au lieu de se préparer aux Championnats du monde avec l’équipe suisse lors d’un stage d’altitude au col de la Bernina, comme l’année dernière, Marlen Reusser a cette fois préféré s’entraîner en Andorre, sa patrie d’adoption. Elle a également effectué des tests en soufflerie afin de régler au mieux son nouveau vélo de contre-la-montre.

Marlen Reusser se rend au Canada avec beaucoup d’enthousiasme et sa forme physique la rend confiante. À Montréal, la triple vainqueure du Tour de Suisse n'aura pas moins de trois occasions de prouver sa classe.

Le coup d’envoi sera donné dimanche, jour du 35e anniversaire de Reusser, avec le contre-la-montre individuel (39,2 km). Deux jours plus tard, elle partira à nouveau à la chasse aux médailles avec le relais mixte. Pour finir, la course sur route aura lieu samedi prochain. Avec 2500 mètres de dénivelé, le parcours exigera un travail d’équipe tactiquement intelligent, et la Bernoise devrait partager le rôle de leader avec Noemi Rüegg.

La déception du Tour de France est désormais derrière elle. Marlen Reusser a de nouveau bouclé sa ceinture de sécurité: le prochain tour de montagnes russes peut commencer.

/ATS