La directrice de la COP30 accuse les USA de freiner d'autres pays
Ana Toni (ici avec le président de la COP30 André Corrêa do Lago) déplore notamment le "manque de solidarité" des pays riches pour aider ceux en développement à s'adapter au changement climatique, regrettant que l'effondrement d'un glacier au Népal ne les sensibilise pas davantage.
Photo: KEYSTONE/AP/ANDRE PENNERAvec leur stratégie commerciale, les Etats-Unis 'ont influé très négativement' sur les politiques climatiques d'autres pays, a déploré Ana Toni, directrice de la COP au Brésil. Elle promeut pour cette année une 'feuille de route' sur l'abandon des énergies fossiles.
'Directement ou indirectement, les Etats-Unis ont influé très négativement sur la capacité d'autres pays à avancer' dans la lutte contre le réchauffement de la planète, a déclaré à l'AFP Ana Toni, directrice exécutive de la COP30 l'an dernier à Belem, au Brésil.
Avant la COP31, du 9 au 20 novembre en Turquie, Mme Toni a critiqué l'administration du président Donald Trump, qui s'est retirée de l'Accord de Paris en 2025, et impacte l'agenda climatique d'autres pays, à coups de pressions et droits de douane.
La rivalité entre Washington et Pékin joue, selon elle, un rôle dans cet engrenage. Les pays 'sont plus réticents à importer des produits chinois d'empreinte carbone basse de crainte de représailles des Etats-Unis' ou parce que ceux-ci font 'pression pour des produits d'empreinte carbone plus élevée', mais américains. 'Cela retarde logiquement la capacité de ces pays à atteindre des objectifs de décarbonation plus ambitieux', estime-t-elle.
Dépendance au pétrole 'dommageable'
Pour Ana Toni la hausse des prix des carburants due au conflit au Moyen-Orient démontre que la dépendance au pétrole peut être 'très dommageable pour l'équilibre général' du monde. 'C'est la preuve que faire la transition au-delà des combustibles fossiles, ce n'est pas que combattre le changement climatique, c'est aussi une question de souveraineté, qui permet de résoudre un problème économique et d'assurer la sécurité énergétique', a-t-elle ajouté.
Après un accord historique en 2023 à la COP de Dubaï, cette question avait été abandonnée à Belem sur pression de pays producteurs. Le Brésil s'est engagé à promouvoir une 'feuille de route' globale de sortie progressive et volontaire du pétrole, du charbon et du gaz.
Ana Toni, qui a travaillé sur ce document, estime que 'tous les pays peuvent progresser afin de diminuer leur dépendance et aller vers cette transition'. Elle a par ailleurs déploré le 'manque de solidarité' des pays riches pour aider ceux en développement à s'adapter au changement climatique, regrettant que l'effondrement d'un glacier au Népal ne les sensibilise pas davantage.
/ATS