International

Danemark: manifestations contre une baisse des aides étudiantes

04.11.2026 11h58

Danemark: manifestations contre une baisse des aides étudiantes

Plusieurs milliers de lycéens et d'étudiants se préparent à manifester au Danemark mercredi contre le projet du gouvernement de réduire les bourses d'études.

Photo: KEYSTONE/EPA/LISELOTTE SABROE

Plusieurs milliers de lycéens et d'étudiants se préparent à manifester au Danemark mercredi contre le projet du gouvernement de réduire les bourses d'études, à l'heure où la jeunesse se mobilise à travers l'Europe.

Sous la bannière 'ça suffit maintenant', 11 associations lycéennes et étudiantes ont appelé à un rassemblement à partir de 12h30 sur la place de l'Hôtel de ville à Copenhague, d'où le cortège rejoindra le Parlement.

Ces dernières semaines, les manifestations lycéennes en France se sont étendues à d'autres pays européens, et la police de Copenhague a annoncé qu'elle comptait être très visible lors de la manifestation de mercredi. Les organisateurs ont de leur côté insisté sur le caractère 'pacifique' du rassemblement.

Mercredi matin, de nombreuses images de lycéens et étudiants, montés dans des cars pour rejoindre la capitale, circulent sur les réseaux sociaux. Selon la Fédération des lycéens danois, quelque 10'000 jeunes y sont attendus, et d'autres manifestations sont prévues dans le reste du pays.

Dans son projet de loi de finances, le gouvernement de centre-gauche veut, afin de soutenir l'effort de défense, supprimer l'allocation publique d'études (SU), jusque-là universelle, pour les étudiants vivant chez leurs parents si ceux-ci ont un revenu annuel total supérieur à 94'000 euros (86'425 francs).

Le montant du SU serait progressif pour les étudiants dont les parents gagnent entre 55'500 et 94'000 euros par an.

Selon le ministère de l'Enseignement supérieur, environ 14'000 étudiants devraient perdre leur allocation et quelque 8000 la verraient réduite.

Indépendamment du revenu des parents

En vigueur depuis 1970, cette allocation est l'une des pierres angulaires du système universitaire danois égalitaire, permettant à chaque jeune de faire des études indépendamment du revenu de ses parents.

Imposable, elle est d'environ 152 euros quand l'étudiant réside chez ses parents, et de 980 quand il a son propre logement.

Dans le projet de loi de finances, le gouvernement propose également que les indemnités chômage aux nouveaux diplômés ne soient versées qu'à ceux ayant travaillé pendant 18 des 24 derniers mois de leurs études.

'Hostilité envers l'éducation'

'Quand on choisit délibérément de prendre l'argent dans la poche de jeunes qui font des études, il est difficile d'y voir autre chose qu'une hostilité envers l'éducation', estime le président de la Fédération des lycéens danois, Oscar Tønsberg Hoffmann.

'Nous ne suspendons pas les cours pour nous amuser, mais pour montrer aux responsables politiques à quel point nous prenons au sérieux leurs coupes dans nos possibilités de faire des études', a-t-il ajouté.

Quelque 30'000 lycéens de 40 établissements ont prévu de faire grève.

Selon Oscar Tønsberg Hoffmann, les organisations lycéennes ont voulu engager un dialogue avec le gouvernement, en vain. 'Quand, d'un côté, on fait des économies sur le dos de jeunes qui étudient et que, de l'autre, on refuse d'en répondre devant nous, à mes yeux, c'est tout simplement pisser sur les générations futures', a-t-il tempêté.

Parti socialiste populaire et parti radical pour le projet

Au sein du gouvernement, le parti socialiste populaire (SF) et le parti radical (R), jusqu'à présent opposés à des coupes dans l'éducation, ont défendu le projet à plusieurs reprises.

La ministre de l'Économie et de l'Intérieur, Pia Olsen Dyhr, a dû s'expliquer car elle avait auparavant présenté le SF comme un parti qui ne toucherait pas au système des bourses d'études. 'Ce n'est un secret pour personne que cette initiative ne vient pas de nous. Mais nous avons conclu des compromis dans ce gouvernement et je les assume pleinement', a dit la ministre, qui est également cheffe du SF.

Pour Martin Lidegaard, ministre de l'Industrie et chef des radicaux, les coupes 'ne sont pas des décisions agréables. C'est une politique économiquement responsable'.

/ATS