Suisse

Bliss, un berger hollandais à l'essai dans les douanes suisses

05.11.2026 09h10

Bliss, un berger hollandais à l'essai dans les douanes suisses

Agé de trois mois, Bliss participe à un projet pilote destiné à évaluer les aptitudes du berger hollandais au service des douanes suisses.

Photo: KEYSTONE/ELIA BIANCHI

Pour l'instant, Bliss passe davantage de temps à jouer qu'à travailler. Derrière les bureaux de l'Office fédéral de la douane et de la sécurité des frontières (OFDF), à Mendrisio (TI), ce jeune berger hollandais de trois mois découvre son nouvel environnement.

Dans quelques semaines, il commencera une formation qui doit faire de lui un chien spécialisé dans la détection de stupéfiants.

Arrivé il y a près de deux semaines, Bliss participe à un projet pilote destiné à évaluer les aptitudes du berger hollandais au service des douanes suisses. Jusqu'ici, celles-ci ont principalement fait appel à d'autres races, notamment au berger belge malinois. L'expérience doit permettre de déterminer si le berger hollandais présente des avantages particuliers.

L'apprentissage se fera progressivement, explique à Keystone-ATS Luca Ferrara, responsable technique des chiens de service de l'OFDF au Tessin. Bliss commencera par rechercher des objets, comme des balles, avant d'apprendre à reconnaître certaines odeurs et à signaler leur présence à son maître. Les exercices seront ensuite associés à celles des stupéfiants, jusqu'à ce que le chien soit capable de les détecter. Pour des raisons de sécurité, il ne sera jamais directement mis en contact avec de véritables drogues.

Savoir travailler, mais aussi se reposer

Pour l'heure, l'essentiel est ailleurs: Bliss doit apprendre à répondre à son nom et développer une relation de confiance avec son maître. Cette étape est fondamentale pour la suite de sa formation.

Le berger hollandais présente notamment une caractéristique intéressante aux yeux de Luca Ferrara: il passerait plus facilement de l'activité au repos que le malinois, souvent très réactif et moins à l'aise dans les périodes d'inactivité. Une différence qui peut compter dans le quotidien des chiens de service, soumis à des journées exigeantes et qui doivent pouvoir récupérer.

Luca Ferrara veille ainsi à préserver les moments de repos de son propre chien, qui vit avec lui en permanence. À la maison, l'animal dispose d'un espace où personne, pas même les autres membres de la famille, ne vient le déranger. Il retrouve les siens lorsqu'il le souhaite.

Une centaine de chiens en service

L'OFDF emploie environ 100 chiens dans toute la Suisse, dont une quinzaine dans le sud du pays. Certains sont spécialisés dans la recherche de stupéfiants ou d'explosifs, d'autres dans la détection d'espèces animales et végétales protégées faisant l'objet de trafic, le pistage, la protection ou la recherche de personnes.

Leur activité est soutenue et les périodes de plusieurs jours sans intervention sont rares. Chaque chien reçoit par ailleurs une formation adaptée à sa mission. La recherche d'explosifs et celle de stupéfiants ne peuvent notamment pas être confiées au même animal, pour des raisons de sécurité.

En poste à Mendrisio depuis 2009, Luca Ferrara a participé à plusieurs interventions marquantes. Il se souvient notamment d'une poursuite qui l'avait mobilisé avec son chien pendant une bonne partie de la nuit, à la recherche d'une bande de voleurs.

Lors d'une autre opération, son précédent chien avait permis de découvrir plus de 200 kilos de marijuana dissimulés à l'intérieur de plusieurs portes. Deux affaires qui avaient suscité un vif intérêt au Tessin et qui illustrent l'utilité des chiens dans le travail des douanes.

Bliss commencera son entraînement dans quelques semaines, selon un programme que Luca Ferrara adaptera à son rythme et à ses progrès. Son entrée en service est prévue vers l'âge d'un an et demi.

La carrière de ces chiens peut être longue. Guinness, le précédent compagnon de travail de Luca Ferrara, a ainsi servi les douanes suisses pendant douze ans et demi.

/ATS